Les comportements des automobilistes changent, en grande partie influencés par les nouvelles technologies et l’objet connecté que devient la voiture. Le développement important des services de covoiturage, et leurs adaptations commerciales telles que les VTC, font aujourd’hui de l’ombre à la profession de taxi, ou en tout cas oblige cette dernière à se dépoussiérer pour relever le défi du service client. La créativité des start-up dans le domaine est sans fin : voir par exemple ce service de covoiturage lancé pour les fêtes de fin d’année et qui intègre les « capitaines de soirée » dans sa logique (celui qui conduit est celui qui ne boit pas).
Assurances : des zones d’ombre qui restent à éclaircir
Les assurances automobiles ont bien pris la mesure de l’impact de ces changements de comportement et modifient petit à petit la teneur de leurs offres de services et de leurs couvertures pour les intégrer. D’un coté, elles proposent à leurs clients de donner un peu de transparence sur leurs comportements routiers contre une baisse de leurs primes, de l’autre côté, elles commencent à intégrer (ou à exclure) de leurs clauses des nouveaux types de risques liés à l’activité de covoiturage.
Dans un article paru dans BuzzFeedNews le 23 décembre, les reporters pointaient les risques liés à une couverture assurance inadaptée et aux conséquences financières potentiellement lourdes pour les conducteurs-covoitureurs. Un des principaux et très controversés acteurs de ce marché est même critiqué par les mêmes auteurs pour inciter ses futurs ‘clients’ à souscrire des assurances low-cost pour couvrir leur activité de covoiturage.
Des approches différenciées entre covoiturage et VTC
En Californie, les compagnies d’assurance mettent les points sur les ‘i’ : l’activité de covoiturage de type VTC est une activité commerciale rémunérée, et elle doit à ce titre être couverte par un contrat couvrant un usage professionnel du véhicule. La porte ouverte, peut-être, à de nouvelles offres d’assurance ? En tout cas un signal d’alerte clair à destination des clients covoitureurs : vérifiez vos contrats si vous ne voulez pas que les revenus complémentaires générés par votre activité ne fondent comme neige au soleil au premier incident.
Le paradoxe de la situation est que des acteurs leaders comme Uber disposent eux-même d’une police d’assurance sensée couvrir leurs clients-conducteurs qui transportent des clients-passagers. Il demeure cependant des zones de flou dans la réalité de la couverture : quand démarre la couverture de la société de transport ? Quand s’arrête et redémarre l’assurance personnelle des utilisateurs ? Au moment où l’utilisateur ouvre son application mobile pour trouver une course ? Au moment où chauffeur et passager se mettent d’accord sur la course ? Au moment seulement où la prise en charge effective et physique du passager est faite ?
Pour les responsables marketing des deux camps, le chantier est ambitieux pour parvenir à élaborer des contrats hybrides, capables d’offrir à leurs clients en matière d’assurance la même souplesse que celle offerte par le covoiturage à ses adeptes. Un chantier d’autant plus délicat que les comportements des covoitureurs ne relèvent pas toujours d’une simple logique de partage de frais, mais bien de la génération de revenus.








