Commençons par un pléonasme : pour une start-up, la croissance est, dès sa création, un enjeu clé ! Pourtant, entre la popularisation du terme start-up dans les années 90 et la conceptualisation de leurs techniques de croissance, il a fallu attendre presque 20 ans. Ce n’est qu’en 2010, que Sean Ellis va donner le nom de Growth Hacking à toutes ces méthodes à la croisée du SEO, de l’acquisition, de l’A/B testing et dont le seul et unique objectif est la croissance ! Utilisé par de nombreuses start-ups depuis 2010, le Growth Hacking pourrait venir empiéter sur les méthodes marketing traditionnelles au sein des grands groupes.
Déjà des exemples concrets de Growth Hacking
Les exemples concrets et célèbres de Growth Hacking par les sociétés digitales ne manquent pas et certains datent d’avant la conceptualisation de cette méthode : sur ses premières années, Airbnb permettait à ses utilisateurs de poster automatiquement leurs offres sur le site de petites annonces Craiglist, alors que celui-ci ne proposait même pas d’API ouverte ; Dropbox permettait d’étendre son espace de stockage en parrainant des amis. Des méthodes finalement vieilles comme le monde mais appliquées au digital et utilisées en parfaite cohérence avec le produit ! Et tout réside dans ce lien étroit entre le produit et la méthode marketing de croissance. Ainsi, parmi les méthodes les plus marquantes pour leur simplicité et leur efficacité, nous avons eu écho de celle utilisée par le country manager de Strava, l’application de tracking d’activité pour le running et le cyclisme : ce dernier participe tout simplement à des sessions collectives d’entrainement, des courses et présente son application !
Ces 3 exemples résument un élément essentiel de la théorie du Growth Hacking : il n’y a pas de recette miracle. L’objectif est la croissance des ventes, du trafic ou de la communauté et les moyens de l’atteindre sont à construire au cas par cas en faisant preuve de créativité et d’imagination. Ainsi, les cas de réussite ne sont que la partie immergée d’un iceberg de tests internes et il est évident que les Dropbox et autres Airbnb ont eu recours à bien d’autres solutions avant de trouver la bonne.
Le Growth Hacking casse la limite entre le produit et le marketing
Evidemment, le Growth Hacking n’est rien sans l’analytics. Il faut être capable de mesurer l’impact de ses hacks, leur efficacité pour les adapter, les abandonner ou appuyer dessus. D’autant plus qu’un hack a une durée de vie limitée.
Enfin, son aspect le plus intéressant est qu’il casse définitivement la barrière entre marketing et conception produit : il faut en permanence adapter le produit et l’expérience utilisateur aux exigences de croissance. Le développeur doit donc avoir des notions de marketing et, inversement, l’équipe marketing doit être capable de mettre le nez dans le code. Ces compétences transverses très prisées dans les start-ups devraient commencer à envahir les grandes entreprises pour qui les méthodes de Growth Hacking sont clairement une alternative au marketing traditionnel.









