Avec la vente de Cegid aux fonds anglo-saxons Silver Lake Partners (Etats-Unis) et AltaOne, une société d’investissement basée à Londres, c’est un des fleurons français du logiciel qui passe sous pavillon américain. C’est la progression dans le SaaS qui explique le montant de l’acquisition du groupe de logiciels de Jean-Michel Aulas.
La France a bien du mal à conserver ses champions nationaux dans les nouvelles technologies. Le conseil d’administration de Cegid Group et son fondateur Jean-Michel Aulas ont annoncé avoir accepté le projet de cession de l’éditeur français au fonds d’investissement américain Silver Lake Partners, leader mondial de l’investissement en technologie et AltaOne, une société d’investissement basée à Londres. L’offre valorise Cegid Group à 580 millions d’euros et permet notamment à Groupama, un des investisseurs historiques, d’enregistrer une confortable plus-value dont le groupe d’assurance a besoin.
C’est la forte croissance du SaaS qui a fait la valorisation
Le prix d’acquisition de Cegid s’élève donc à un peu plus de deux fois son chiffre d’affaires 2015 qui s’élevait à 282 millions d’euros dont 60 % de chiffre d’affaires récurrent. Tandis que la part du SaaS s’élevait à près de 32 % et que le résultat net s’élevait à plus de 23 M€. Ce n’est donc pas le taux de marge que les investisseurs anglo-saxons ont acheté mais la croissance continue de Cegid dans le SaaS qui permet de sécuriser et fidéliser une part croissante de ses revenus. Une croissance qui s’est confirmée sur le 1er trimestre 2016 puisque le chiffre d’affaires SaaS qui s’élève à 21,6 M€ a enregistré une progression de 50% permettant au chiffre d’affaires global de progresser de 11,8 % à 75 M€. Même si Cegid souligne que cette très forte progression du SaaS bénéficie des effets des croissances externes réalisées en 2015 et notamment des revenus issus du groupe Technomedia (solution mondiale de Talent Management en SaaS).
Il est clair que l’éditeur lyonnais récolte les fruits d’une transition rapide et précoce vers le SaaS, notamment en partenariat avec des grands acteurs technologiques comme IBM. Un mouvement anticipé très tôt par Jean-Michel Aulas qui aura désormais les moyens de consolider ses activités dans le sport. Jean-Michel Aulas est notamment propriétaire de l’Olympique Lyonnais et de son stade. Un stade qu’il a fait construire en anticipant un certain nombre de mutations digitales. Anticiper reste le principal moteur de cet entrepreneur hors normes.








