Comme prévu, Twitter commence à multiplier les annonces de nouveaux services (voir Digital CMO du 8 décembre 2016). Il vient ainsi de franchir une nouvelle étape dans l’intégration de Periscope dans sa solution de microblogging.
Depuis le 14 décembre 2016, il est en effet possible de diffuser des vidéos en direct sans avoir à passer par Periscope. C’est une bonne nouvelle pour Twitter. Cela lui permet de proposer une nouvelle fonctionnalité « à peu de frais ». Voilà près de deux ans que Twitter a racheté Periscope (l’acquisition a eu lieu début 2015). Le montant de la transaction n’a jamais été rendu public, mais les estimations vont de 50 à 100 millions de dollars. Dans l’absolu, on peut estimer que Twitter a fait une bonne affaire, surtout si la possibilité de diffuser des vidéos en live permet à Twitter de rajeunir son public.
A contrario, ce n’est pas une bonne nouvelle pour Periscope. La marque va perdre rapidement la quasi-totalité des utilisateurs qui avaient recours à la fois à Twitter et à ses services. Sur ce point, Periscope a répondu au média spécialisé The Verge que tous les utilisateurs de Periscope n’étaient pas des utilisateurs de Twitter. C’est sans doute vrai, mais cela rend plus difficile la monétisation des services de Periscope. Twitter affirme que la disparition de Periscope n’est pas à l’ordre du jour, mais il faut se souvenir qu’il disait la même chose de Vine durant l’été 2016, avant d’annoncer sa fermeture quelques mois plus tard, en octobre 2016.
Dans tous les cas, les développements futurs de Periscope profiteront également à Twitter. D’autant plus que les deux marques ont placé leur ingénierie logicielle entre les mêmes mains, à savoir celles de Sarah Haider. Celle-ci a déclaré à Europe 1 : « Ces derniers mois nous avons créé de nombreuses passerelles entre Periscope et Twitter et désormais nous passons à la vitesse supérieure ».
Enfin, il faut retenir de cette annonce qu’elle donne l’occasion à Twitter de « contrer » Facebook, dont le service « Facebook Live » connaît un succès croissant.
Julien Corti, Digital CMO








