Selon le baromètre Capgemini Consulting et eCap Partner, 2016 a été l’année de tous les records dans le financement des start-ups. Le montant cumulé des levées de fonds effectuées par les startups en 2016 a atteint 1,3 Md€ (+ 19% par rapport à 2015), sur un total de 2,2 milliards investis dans la totalité des jeunes entreprises françaises. Durant les cinq dernières années, c’est donc près de 8 milliards d’euros qui ont été investi dans la tech et les startups françaises. Mais si en nombre de startups financées la France est sans doute, au regard de sa population, championne du monde, la French Tech hexagonale ne brille pas en nombre de licornes et d’entreprises mondiales référencées. Un challenge à relever pour le nouveau gouvernement après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence française.
Un total de 2,2 milliards d’euros investis en 2016
En incluant les startups créées il y a plus de 7 ans, Capgemini Consulting estime que le montant des levées réalisées en 2016 est de 2,2 Md€. Cette augmentation s’explique principalement par un accroissement du nombre de levées (+16% sur la période), précise la société de service informatique française, mais aussi par les levées de fonds de 100M€ et 150M€ de la startup Sigfox, spécialisée dans l’Internet des objets.
Selon les auteurs de ce baromètre, on a investi de plus en plus dans la mobilité et les fintechs en 2016, et beaucoup moins dans les applications d’entreprises ou les solutions de marketing automation. Selon le baromètre de Capgemini, les secteurs « Marketing et Communication » et « Applications et technologies d’entreprises », qui représentaient à eux deux 23,5% du nombre de levées de fonds en 2015, ne représentaient plus en 2016 que de 18,5% des montants investis. En revanche, la data et le cloud ont continué à attirer les investisseurs comme en témoignent les levées de fonds dans la data avec Dataiku, Biboard, OpenDataSoft, Saagie, Tellmeplus et, dans le Cloud, avec Scality, NanoCloud ou encore Genymobile. Cap Gemini remarque que le segment des « nouvelles mobilités », représenté par des acteurs tels que Blablacar, CityScoot, Drivy ou Zenpark a tiré son épingle du jeu tout comme les fintechs qui génèrent toujours un nombre important d’investissements. Parmi les sociétés financées dans ce domaine : Lendix, Yellloan, Unilend, Ulule, Kisskiss BankBank, Captain Crowd, Sowefund, Pumkin, Slimpay, Payfit, Lydia solutions, Moneytis.
Quel avenir pour le financement de la tech et du numérique après la présidentielle ?
Dans son étude Capgemini consulting remarque qu’en 2016, le nombre de prises de position par des acteurs étrangers est resté stable. « Les investisseurs étrangers sont moins présents dans l’absolu : ils se sont positionnés sur 11% des levées en 2016 contre 15% en 2015 », soulignent les auteurs de l’étude. Capgemini Consulting conclut que les startups françaises apparaissent de moins en moins dépendantes des capitaux étrangers pour les levées majeures. « Alors que près de 60% d’entre elles impliquaient au moins un acteur étranger en 2015, elles ne sont plus que 40% en 2016 » fait remarquer la société de service. Un constat difficile à partager tant il est ardu, en dehors de Blablacar et de Sigfox, de citer des startups qui semblent avoir le potentiel d’un positionnement mondial. Pour beaucoup d’observateurs, trop de nos startups prometteuses sont financées sur leurs derniers tours de table par des capitaux étrangers. Capgemini Consulting fait d’ailleurs remarquer que les investisseurs nord-américains ont délaissés en 2016 les levées de moins de 5M€ pour se concentrer sur les levées majeures, tandis que les acteurs européens ont un comportement opposé, privilégiant les levées de tailles moyenne. L’absence de fonds de capitaux-risques de taille importante en France n’est pas une nouveauté, tout comme l’absence de stratégie liée à la mobilisation de l’épargne vers ces fonds. Cela devient néanmoins un sujet préoccupant pour l’avenir d’autant que si la réglementation peut freiner l’appétit commercial des géants du web américains, qui ont émergés ces cinq dernières années, à l’image d’Uber ou de AirBnB, on sait dans l’histoire économique qu’il est difficile de freiner le progrès technologique. La stratégie du financement du numérique et de la tech en France est donc à renouveler. Deux axes semblent d’ailleurs se dégager au regard des enjeux politiques à venir : accompagner la transformation digitale des entreprises en mobilisant les jeunes non qualifiés et être capable de créer des champions mondiaux qui restent en France.
La Rédaction, Digital CMO








