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Responsable de la start-up immobilière Gustave BonConseil du Crédit Agricole d’Ile-de-France, Bruno Dugast vous explique le fonctionnement de cette plateforme de conseils et de coordinations de projets d’acquisition immobilière.

Vincent Biard – Qui est Gustave Bonconseil ? Quel est ce nouveau service lancé par le Crédit Agricole Ile-de-France ?

Bruno Dugast – L’idée a été de créer la première plateforme immobilière de services et de conseils à nos clients. Nous nous sommes inspirés du concept de wedding planner, les organisateurs de mariage. Nous pouvions l’appliquer à l’immobilier avec un conseiller unique : le home planner qui organise l’ensemble du projet immobilier du client et l’accompagne à chaque étape.

Vincent Biard – Et cela se passe comment ?

Bruno Dugast – A partir d’une inscription en ligne, vous pouvez avoir un rendez-vous pour découvrir l’offre. Si vous acceptez la proposition, un home planner dédié vous conseillera alors pour votre projet. Tout ne peut pas encore se faire via le digital car avant d’engager six à sept années de revenus, on a besoin d’avoir un échange avec un conseiller et en l’occurrence un conseiller Gustave du Crédit agricole. L’objectif était de proposer une solution hybride entre digital et contact humain indispensable.

Vincent Biard – Cette solution produite avec plusieurs startups et partenaires mélange plusieurs métiers. Un seul conseiller du Crédit Agricole peut-il maitriser toutes les problématiques liées à l’achat d’un bien immobilier ?

Bruno Dugast – Nous voulions des gens issus de la banque pour qu’ils soient neutres dans une opération immobilière. Leur mission n’est pas de vendre un bien immobilier mais d’accompagner un projet d’achat de façon éclairée. Néanmoins, nous avons choisi des collaborateurs qui avaient déjà pratiqué l’immobilier ou qui possédaient des diplômes dans ce secteur. Nous avons aussi développé un véritable parcours de formation avec par exemple l’intervention d’architectes pour des évaluations de travaux mais aussi des thèmes juridiques et urbanistiques. Plutôt que de réaliser ces formations en interne, nous avons travaillé en rupture et délégué ces formations à des spécialistes reconnus du secteur, comme l’Ecole Supérieure des Professions Immobilières.

Vincent Biard – Et vous avez également externalisé la conception de la plateforme ?

Bruno Dugast – Nous avons d’abord monté un groupe projet il y a plus d’un an. Nous avons audité et comparé 90 acteurs différents de l’immobilier et nous en avons identifié 4 ou 5 avec qui nous avons finalement construit l’offre. Des personnes des startups Mon Chasseur Immo ou ScanMonAchatImmo.com sont ainsi venues travailler avec nous. Il y a bien sûr des services que nous avons internalisés. Par contre nous ne réalisons pas de ventes nous-mêmes. Notre client est l’acheteur, pas le vendeur.

Vincent Biard – Quel est l’intérêt du Crédit Agricole ?

Bruno Dugast – Etre utile au client. Ce que vous pourrez ensuite justifier économiquement et c’est pour cela que nous avons mis en place un service de conseil avec une facturation. Ensuite, il y a une dimension de conquête de clients et de prospects. C’est un moyen de montrer que nous sommes intéressants au niveau de la banque ou en règle générale.

Vincent Biard – Les startups qui ont participe au projet sont-elles issues des Villages by CA ?

Bruno Dugast – Certaines mais pas toutes. Mon Chasseur Immo provient du Village by CA de Montpellier.

Vincent Biard – Pourquoi digitaliser cette opération ? Pour anticiper sur la digitalisation et des disruptions possibles et attendues du marché bancaire et de l’assurance ?

Bruno Dugast – En digitalisant cette opération, nous sommes disponibles sur l’ensemble du territoire. De plus, ce service de conseil sera normé comme nous l’avons conçu. A l’échelle de tout un réseau, ce serait compliqué à mettre en place. On voit bien que la qualité de service des agents immobiliers d’un réseau important n’est pas la même partout. Ensuite, nos clients nous demandent de la facilité et aujourd’hui on peut tout faire ou presque à partir d’un Smartphone. Le digital apporte de la facilité et de la rapidité.

Vincent Biard – Gustave Bonconseil a été lancé le 20 juin. Quels sont les premiers résultats ?

Bruno Dugast – Conformes au pilote que nous avions testé avant le confinement. Aujourd’hui quand un client nous contacte, dans un cas sur trois, il souhaite être accompagné par Gustave. C’est un très bon taux de transformation. Les autres clients sont intéressés par le service mais pour le moment où leur recherche et leur projet se concrétiseront davantage. Sur les 30% de taux de transformation, la moitie environ souhaite faire le parcours avec nous en intégralité tandis que l’autre moitié continue avec les startups. Nous sommes donc aussi apporteurs d’affaire. Nous voulions tester notre capacité à construire un écosystème pour nos clients et voir s’il serait bien accepté. Dans la Banque et l’immobilier, il existe peu d’écosystèmes, tout est internalisé.

Vincent Biard – Comment Gustave Bonconseil a-t-il été accueilli par les acteurs du marché de l’immobilier ? Et comment vous positionnez-vous sur ce marché ?

Bruno Dugast – Nous nous sommes posé la question de l’acceptation de Gustave Bonconseil sur le marché de l’immobilier où nous aurions pu être considérés comme un concurrent. Après trois mois d’activité, les professionnels sont plutôt satisfaits car les clients utilisateurs de Gustave Bonconseil leur posent de bonnes questions. Nous sommes dans le service et l’assistance mais aussi dans le conseil tout en sortant des schémas traditionnels de vente pure et dure où il faut vendre à n’importe quel prix, ce qui est destructeur de l’image de la profession.

En photo : Bruno Dugast ©CA

Sites web :
http://gustavebonconseil.ca-paris.fr/index/
https://ca-paris.com/

 





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