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Sur le marché en pleine croissance de l’abonnement au télépéage, la société Bip&Go étudie comment optimiser les nombreuses données de ses clients pour prédire leurs demandes et leur proposer de nouveau services. Pour Cyrille Pertuisot, directeur marketing de Bip&Go, l’intelligence artificielle assistera les téléopérateurs mais ne les remplacera jamais.

Vincent Biard – Que commercialise la société Bip&Go ?

Cyrille Pertuisot – Bip&Go est une filiale du groupe Sanef* dont le métier est de commercialiser des abonnements au télépéage afin de payer facilement et rapidement sa mobilité sur autoroute en  France et plus récemment sur les autoroutes en Espagne, Portugal et Italie. Bip&Go propose également ce service dans un peu plus de 400 parkings en France. C’est une société qui regroupe une centaine de personnes et qui totalise 1,5 millions d’abonnements au télépéage.

Vincent Biard – Plusieurs acteurs se partagent ce marché de près de dix millions d’abonnés, comment est-ce organisé ?

Cyrille Pertuisot -Le badge de télépéage Bip&Go fonctionne chez tous les concessionnaires autoroutiers français sur le principe d’une intermédiation comme le font les banques avec les cartes bancaires. Les abonnements payés mensuellement reviennent à Bip&Go et toutes les transactions de péage sont reversées aux différents concessionnaires. Nous fonctionnons de la même manière avec les gestionnaires et opérateurs de parking. D’importantes transactions financières sont donc réalisées via les badges et l’un des métiers de Bip&Go est d’en assurer la partie recouvrement.

Vincent Biard – Quelle votre mission de directeur marketing ?

Cyrille Pertuisot -Le télépéage est un marché en progression à deux chiffres depuis des années notamment grâce au digital qui a permis la connaissance de ce produit et en a facilité la commande sur internet. Les nouveaux clients sont essentiellement des particuliers même si nous comptons aussi des professionnels mais ils sont équipés depuis longtemps. L’un des avantages du télépéage est de disposer de voies réservées et de passer ainsi plus rapidement. Nos missions marketing sont très simples : acquérir de nouveaux clients, les fidéliser et leur apporter de l’innovation avec d’autres prestations comme par exemple l’ouverture du service sur des autoroutes à l’étranger. Nous travaillons aussi sur l’accompagnement et la facilité de la mobilité. Nous avons par exemple lancé une option premium qui propose une assurance complémentaire en cas de panne

Vincent Biard – Quelle est votre stratégie digitale ?

Cyrille Pertuisot -C’est d’abord un site internet qui est notre machine à recruter des clients en plus de notre réseau physique. L’explosion du marché, chez nous comme chez les autres, provient du digital. Nous utilisons tous les leviers classiques en communiquant depuis trois ans à la télévision mais aussi beaucoup sur le digital en étant présent en search et sur tous les leviers digitaux. Nous travaillons aussi sur un projet d’application qui va permettre notamment aux clients ayant déjà un compte de payer d’autres services de mobilité. Nous priorisons actuellement les besoins de nos clients.

Vincent Biard – On peut supposer que vous récoltez un nombre important de données, comment les exploitez-vous ?

Cyrille Pertuisot -Nous avons déjà beaucoup de données sur nos clients et le challenge est déjà de bien les analyser avant d’en collecter davantage. En conformité avec le RGPD, reste à structurer nos données et à les utiliser via des outils prédictifs, il y a encore beaucoup de travail à mener dans ce domaine. A partir de données anonymisées de nos clients, nous avons mené un projet de data challenge en milieu d’année dernière qui nous a vraiment beaucoup apporté dans la capacité à analyser les besoins de  nos clients à partir de nos datas. Avec l’un de nos fournisseurs, nous réalisons une analyse anonymisée des demandes entrantes de nos clients pour mieux les catégoriser afin d’améliorer la rapidité et la qualité de réponses de nos opérateurs pour qu’ils sachent plus rapidement de quelle thématique il s’agit. Cela ne remplacera jamais l’humain dans la relation client et c’est une conviction personnelle mais l’intelligence artificielle peut les aider à être plus efficients.

Vincent Biard – Qu’aimeriez-vous savoir sur vos clients ? De quels outils auriez-vous besoin ?

Cyrille Pertuisot -Aujourd’hui nous connaissons assez bien les habitudes de consommation de nos clients sur le télépéage et un peu leurs habitudes sur les parkings. Nous développons une appli de paiement de mobilité un peu plus large et nous connaissons moins bien leurs habitudes de mobilité au quotidien hors autoroute.

Vincent Biard – Les données sur les déplacements sont à-priori très intéressantes, comment les gérer avec les contraintes liées au RGPD ?

Cyrille Pertuisot -Conformément au RGPD, les données sur les déplacements sont d’abord collectées et traitées dans le cadre de l’exécution de notre contrat avec notre client. Ensuite, elles sont anonymisées pour établir des modèles prédictifs ou des statistiques afin de mieux connaître et anticiper les besoins de nos clients. De plus, en termes de communication et d’adressage, dès la souscription mais également tout au long de son contrat, chacun décide de recevoir les messages qu’il souhaite via notamment son interface client. La connaissance du sujet par les clients est de plus en plus affinée, de plus en plus affutée et c’est à nous marketeurs de nous adapter afin de continuer à satisfaire nos clients, dans un cadre législatif contraint.

* Le groupe Sanef est un gestionnaire d’autoroutes qui exploite 2 071 km de réseaux en France, principalement en Normandie, Hauts-de-France et Grand-Est. Site web : https://www.groupe.sanef.com/





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