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Pour Daniel Verschaere, directeur marketing et communication de Wavestone, l’exploitation des données est de plus en plus  liée à la mise en place de business case très opérationnels comme dans la banque, l’assurance mais aussi les transports avec la nouvelle mobilité. Mais ce n’est pas la seule tendance marketing.  La montée en puissance des valeurs sociétales et de développement durable lui semble réelle aussi. 

Vincent Biard – Quelle est l’activité de Wavestone ?
Daniel Verschaere – Wavestone est un cabinet français de conseil en transformation avec un périmètre international né de la fusion de Solucom et des activités européennes de Kurt Salmon en 2016. Wavestone allie l’expertise sectorielle métier avec de la technologie. Nous disposons ainsi de compétences humaines dans la banque, l’industrie, l’énergie. Côte tech, nous avons développé un lab de machine learning, un incubateur et accélérateur de start-up et nous avons une équipe de data scientists. Nous pouvons donc répondre aux entreprises avec une expertise métier et également des solutions technologiques. Nous sommes 3 000 et présents dans une dizaine de pays et notamment dans les grandes capitales européennes.

Vincent Biard – Un classement récent de chez Semiocast* vous place en pôle position en termes d’engagement sur les réseaux sociaux devant de grands noms de conseils ou de technologie. Votre commentaire ?

Daniel Verschaere – Ce classement montre les salons et media favoris des marketeurs B2B et leurs engagements sur les réseaux sociaux. Comme nous avons développé des partenariats de fond avec le groupe Les Echos et VivaTech, il est logique de nous retrouver très présents sur ces évènements. Nous sommes effectivement très fiers de pouvoir rivaliser avec des grands noms comme IBM, Microsoft et EY qui ont bien sûr beaucoup plus de moyens que nous.

Vincent Biard – Quelle est votre stratégie pour promouvoir la marque Wavestone ?

Daniel Verschaere – Nous réalisons pour nos clients et notre écosystème plus de 50 études et publications par an ainsi que plus de 130 évènements et nous avons des équipes qui gèrent la communication de marque et la communication financière car nous sommes cotés au second marché. Nous sommes aussi présents sur de grands évènement internationaux (Women’s Forum, Autonomy, IFTM, CES) et français  (Rencontres d’Aix, Institut Montaigne). Nous participons  également aux évènements d’experts  technologiques ou métiers : SIDO, Usine Nouvelle, Argus, Agefi… Nous développons des évènements propriétaires sur nos thématiques phares : banque du futur, transition énergétique, nouvelles mobilités et modernisation de l’Etat. Nous sommes évidemment présents sur les grands réseaux sociaux.

Vincent Biard – Qui sont vos clients ?

Nous comptons un grand nombre de clients dans le secteur bancaire et beaucoup sont autour de nous dans le quartier de La Défense. Nous travaillons aussi pour des énergéticiens, des transporteurs et de grands noms du CAC 40. Nous avons un transverse sectoriel avec les secteurs de la banque et de l’assurance pour lesquels nous travaillons dans tous les pays où nous sommes implantés. C’est un vertical très fort. Nous en comptons un deuxième avec le secteur de l’énergie qui rassemble 300 personnes chez nous. Nous avons aussi des départements transverses comme celui de la cybersécurité comptant 350 personnes et nous travaillons avec des grandes ETI et le CAC 40.

Vincent Biard – Et sur la thématique de la transformation digitale, à quelles questions répondez-vous et quelles solutions proposez-vous ?

Daniel Verschaere – Nous faisons face aux mêmes enjeux sociétaux que la France et le Monde, nous ne sommes pas déconnectés. Quand on parle de transition énergétique, la plupart de nos clients qu’ils soient énergéticiens, dans l’immobilier ou dans les usines souhaitent participer à cette transition énergétique. Nous avons aussi des cycles de réflexion autour de la banque du futur avec de grands clients banquiers qui veulent savoir si leur business model de demain ne sera pas disrupté par des néo banques, des fintechs ou des startups. Nous les aidons à se transformer avec des discutions, des workshops, des événements, des séminaires pour leur faire prendre conscience des réalités du changement. Il y a quand même eu quelques uberisations assez rapides alors les banques ont besoin de conseils.

Vincent Biard – Nous sortons de dix années de révolution technologique correspondant à l’apparition des réseaux sociaux avec dorénavant une masse d’outils étonnants, des nouveaux métiers relatifs à la data ou à l’IA, est-ce que cela se stabilise ?

Daniel Verschaere – Nous avons intégré et digéré beaucoup de nouvelles technologies mises sur le marché par des startups. Nous sommes dorénavant dans une phase très importante d’intégration de ces nouvelles technologies dans des cas d’usages. Ainsi, nous avons travaillé il y quelques années sur la suppression éventuelle des  agences bancaires pour passer en tout digital mais nous nous sommes aperçus rapidement qu’il valait mieux garder des agences et enrichir l’offre digital. Quand on regarde ce qui se fait  aujourd’hui avec les véhicules autonomes, il y a beaucoup de projets en cours grâce à des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle. Les marchés des véhicules et du transport vont être disruptés dans quelques années comme d’autres marchés.

Vincent Biard – La masse de données dorénavant disponible et la multiplication des canaux bouleverse le marketing, comment le vivent vos clients ?

Daniel Verschaere – Nous venons de publier une étude importante avec le groupe Infopro Digital sur la révolution de la data via un panel de 600 personnes Nous nous sommes aperçus qu’il y avait des maturités différentes. Les retailers sont plutôt en pointe sur l’intégration des données et la connaissance des clients pour optimiser les clics et générer des achats. Les assureurs essaient de bénéficier de cette manne de data pour améliorer l’expérience client et être pro actif. Il y a des disparités selon les secteurs et notre intérêt est de les réconcilier et de proposer des cas d’usages pour améliorer soit le front office soit le back office de leur fonction.

Vincent Biard – La data est donc le sujet n°1 ?

Daniel Verschaere – La data et son utilisation sont au cœur de cette transformation. Quand on parle de marketing prédictif, c’est que l’on a fait des analyses de modèles et de données pouvant orienter vers des tendances. L’intelligence artificielle apprends plus vite que l’homme si on a su la nourrir de données. L’objectif étant d’anticiper des flux, des points d’achats, des passages en commande ou bien encore la gestion de la supply chain. Nous sommes au début de ces intégrations. Nous avons toujours géré des données. Améliorer le marketing prédictif, les ventes ou la supply chain grâce à l’intelligence que l’on rentre dans les tuyaux est une réalité pour une plateforme comme vente-privée.com par exemple même si les maitres sont les GAFA qui en sont les précurseurs voire les inventeurs. Il y a beaucoup de grands opérateurs français qui utilisent la donnée à bon escient car la gestion de flux et des stocks en temps réel est très important. Wavestone est positionnée sur des cas d’usages pour rendre digestes ces datas et surtout les rendre utiles.

Vincent Biard – Quel serait le conseil ultime en termes de marketing digital que vous adresseriez aux entreprises ?

Daniel Verschaere – Les entreprises doivent respecter les données. Nous avons la chance en France d’avoir la RGPD qui a encadré leur usage alors qu’il y a des débordements dans certains pays avec notamment Facebook qui utilise et revend des données. C’est peu respectueux des utilisateurs. Les entreprises vertueuses sur la gestion des données et qui respectent le client auront le meilleur avenir.

Site web de Wavestone : https://fr.wavestone.com/fr/


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