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Priorité stratégique du leader historique du marché du travail intérimaire, la digitalisation du Groupe Adecco s’appuie sur les dernières technologies comme le big data, un chatbot et bien sûr une appli mobile. Pour Solène Marchal, responsable marketing digital rencontrée lors du dernier One to One de Biarritz, l’enjeu est d’être premier en termes de référencement sur Google mais aussi en acquisition de candidats et de clients.

Vincent Biard – Que représente le groupe Adecco aujourd’hui ?

Solène Marchal – Adecco est un groupe d’origine suisse avec plusieurs marques en France comme Adecco médical, Spring pour l’embauche d’ingénieurs et de consultants, Modis une entreprise de service numérique ou bien le cabinet Badenoch & Clark dédié aux cadres dirigeants. Le groupe Adecco est le leader mondial des services en ressources humaines avec plus de 32 000 collaborateurs et un réseau de plus de 5 100 agences réparties dans plus de 60 pays. En France, c’est 3 400 salariés dont 900 au siège et 1 200 agences au service des 50 000 entreprises clientes et des 130 000 collaborateurs intérimaires mis à l’emploi par semaine.

Vincent Biard – L’activité du groupe est-elle encore liée au travail intérimaire ?

Solène Marchal – Nous avons aussi d’autres entreprises travaillant sur l’emploi, l’insertion et la transformation des métiers. Le groupe Adecco n’est pas uniquement dédié à l’intérim même si l’on connait Adecco pour cette activité mais depuis 2005 les sociétés d’emplois peuvent recruter en CDD et CDI. Nous travaillons également la thématique de l’alternance avec la création de CFA et dernièrement le lancement un CFA dédié au métier de recruteur.

Vincent Biard – Votre mission en tant que responsable marketing digital ?

Solène Marchal – J’ai une double mission avec la responsabilité des acquisitions pour aller chercher des candidats sur des marchés pénuriques par exemple et la recherche de nouveaux clients qui ont des besoins en recrutements via des campagnes d’acquisitions qui peuvent être des mots-clés, de l’e-mailing, du display, des campagnes RTB et tous les dispositifs digitaux habituels.

Vincent Biard – Quels sont les défis posés au groupe Adecco par la transformation digitale ?

Solène Marchal – Sur le marché de l’emploi, nos concurrents et nous avons la même question : comment trouver la bonne personne au bon endroit et au bon moment ? Il y a énormément de portails d’offres d’emplois en France qu’ils soient privés ou publics sur lesquels nous publions des annonces et récoltons des candidatures. Parfois cela ne suffit pas puisque ces sites emplois sont déjà présents sur les moteurs de la recherche notamment via de la publicité. La difficulté est d’être alors le premier en termes de référencement. Grâce aux datas, nous pouvons travailler des cibles très précises avec notamment des actions à mener vers des personnes qui ont des profils similaires à celle venues candidater chez nous. Mais nous avons d’autres canaux d’acquisitions avec une appli qui accueille plus de 200 000 utilisateurs par mois. Nous développons donc des outils pour être dans la poche des gens car ils peuvent postuler une dizaine de fois par jour. Ils ne sont pas accrochés à une agence d’emploi mais à un type d’emploi avec une grille de salaire et une certaine distance de chez eux. L’enjeu est d’être là en premier mais aussi de fidéliser ceux qui nous font confiance aujourd’hui. Cela passe  par des outils numériques avec de la simplification. Cette année nous proposons à tous nos clients le support numérique par default.

Vincent Biard – Que recherchez-vous sur un salon comme le One to One Biarritz comme outils, technologies ou prestations ?

Solène Marchal – Ce salon nous intéresse surtout pour la partie dispositif mobile mais aussi data. Comment trouver les bonnes personnes au bon endroit au bon moment ? Nous avons rencontré pas mal de sociétés présentant leur expertise en termes d’audience et de rajout de données first party avec la diffusion ensuite sur des sites partenaires. Ce sont donc des opérations assez complexes pouvant nous permettre de répondre à cette recherche très précise. Nous consultons aussi beaucoup de prestataires pour nos applis mobiles afin de connaitre les dernières nouveautés en termes de promotion. Quand on voit ce que proposent les prestataires pour le suivi du comportement et notamment des méthodes pour retoucher une personne qui n’a pas ouvert l’application dans les 90 derniers jours, c’est intéressant. Nous avons déjà un coût par installation de l’appli et si elle est inutilisée elle n’a pas de valeur.

Vincent Biard – Il y a un grand intérêt pour le mobile sur ce salon, c’est aussi l’une de vos priorités ?

Solène Marchal – En BtoC le mobile a dépassé le trafic des ordinateurs pour les candidats. Cela a beaucoup de conséquences pour nous car il faut que nous proposions un parcours encore plus attractif. Il y a également des contraintes très fortes imposées par Google pour le SEO aujourd’hui avec  le temps de chargement de nos pages mobiles qui sont prises en compte et non plus celles de nos ordinateurs, c’est une vraie révolution. Tout passe par le mobile et tout le monde ne maitrise pas le développement d’un site mobile, ni l’UX mobile avec le nombre de modèles et de tailles d’écran différents présents sur le marché ou encore les stratégies d’acquisition spécifiques parce qu’il n’y pas de cookie sur mobile. C’est sous estimé pour des raisons techniques et cela demande du temps.  Nous développons d’autres technologies  comme la voix avec un chatbot. Nous essayons aussi de revoir notre site pour ressortir en position zéro sur le moteur de recherche Google. Mais l’appli mobile permet de s’adresser à chaque individu avec notamment des push notifications pour lui proposer un poste où à quelqu’un de son entourage professionnel. Un push notification est plus agréable à recevoir qu’un texto et une publicité, c’est un service et une valeur ajoutée.  C’est du One to One.





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