La Bpi (la banque publique d’investissement) n’est pas une banque comme les autres. Pour son forum Bpi Inno Génération elle a rassemblé le 12 octobre dernier plus 35 000 personnes au AccorHotels Arena Paris. Après cinq année d’exercice, la banque publique dirigée par Nicolas Dufourcq semble avoir réussi son pari en communication sur l’innovation. En revanche, coté startups, le bilan reste difficile à établir.
Pour cette troisième édition de Bpifrance Inno Génération les grands moyens ont été déployés dans l’enceinte de l’AccorHotels Arena. Sur le plan du contenu, tout avait été aménagé pour donner la parole à de nombreux experts. Les espaces dédiés aux conférences étaient nombreux et variés : le « hub » regroupait ainsi la place des villages et des startups, l’espace « walk » (définit comme la promenade des innovations) permettait de rencontrer des startups exposantes, le « think » accueillait des conférences sur le monde de demain et « les échos » réunissaient de nombreux intervenants sur des ateliers thématiques. Concrètement, la Bpi a voulu aborder en une journée tous les aspects de la transformation digitales et offrir la possibilité aux 35 000 invités (des compteurs en temps réels témoignaient de l’affluence) de rencontrer facilement des intervenants extérieurs et les experts de la Bpi. Les conseillers en costume gris de la banque publique se mêlaient ainsi aux très jeunes entrepreneurs en baskets blanches, sous les panneaux régionaux des agences de la Bpi sur le territoire. On pouvait également écouter, allongés sur des coussins, les différents experts qui se se succédaient sur les plateaux vidéos animés pour l’occasion par les médias partenaires de ce grand show, et notamment BFM Business et BFM TV, ou encore RMC et l’Express.
Pas beaucoup de licornes sur les plateaux vidéos
S’il faut reconnaître que le contenu proposé était de qualité, avec notamment des intervenants de renom dans tous les secteurs d’activités et de nombreux spécialistes, on pouvait regretter la trop faible représentation des startups ou des mentors dans ce domaine. Par ailleurs, aucune « guest star » ou ponte international du capital risque ‘était présent. C’est sans doute là le signe que la Bpi n’a pas été, au cours des cinq dernières années, en dépit des montants investis, une banque de capital risque. Comme le commentait un intervenant sur un des plateaux de BFM Business : »il est vrai que beaucoup de startups trouvent ailleurs les relais de croissance dont elles ont besoin pour se développer ou se faire racheter et pas forcément du coté du Corporate Venture ou Capital Risque hexagonal ». Et de citer notamment le rachat par Zendesk de la startup montpelliéraine Bime, pour 45 millions de dollars ». Si la Bpi a beaucoup fait pour communiquer sur l’innovation et le risque et poussé indirectement les autres banques à suivre à l’image de Crédit Agricole qui organise la semaine prochaine lui aussi son événement start-up, le bilan en licorne est pauvre. Il reste au gouvernement et à Emmanuel Macron à changer le cap, mais il semble que pour l’instant cela ne soit pas prioritaire au regard des autres chantiers. Les quelques annonces effectuées jusqu’à présent restent floues et le nouveau responsable du numérique, Mounir Majhoubi, ne s’est pas beaucoup exprimé sur sa vision du futur dans ce domaine.
La Rédaction, Digital CMO








