Pour Franck Gens, Senior Vice President et responsable de la recherche et prévisions du cabinet d’études IDC, c’est bien la transformation digitale actuelle des entreprises qui va profondément restructurer le secteur informatique et lui donner sa dynamique pour les 5 ans à venir.
Une transformation digitale déjà massive constate IDC
Selon IDC la transformation digitale des entreprises est d’ores et déjà massive. Selon les données du cabinet d’études, recueillies auprès des 2 000 premières entreprises mondiales, 50 % d’entre elles estiment que l’avenir de leur business dépendra de leur adaptation aux enjeux de la transformation digitale. Pour faire face à ce défi, ces entreprises devront mettre la main à la poche et investiront d’ici à 2020 près de 2 000 milliards de dollars pour accompagner cette mutation, précise Franck Gens. Des investissements qui progresseront donc de 60 % entre 2017 et 2020, et qui seront mis en place par des CEO au profil de plus en plus “leader technologique”. On retrouvera en effet cette expérience dans 1/3 de ces 2 000 sociétés à l’horizon 2020, selon IDC. Des CEO qui pourront s’appuyer sur des ressources digitales déjà bien structurées, puisque selon le cabinet d’études américain, 70 % des 500 premières entreprises mondiales ont déjà mis en place une équipe de développeurs liée au digital dans leur entreprise. IDC ne précise pas cependant s’il s’agit d’un mouvement profond de ré-internalisation des compétences après des années de décroissance des effectifs informatiques, au bénéfice des sociétés de services (ESN).
Comment l’offre informatique va t-elle se restructurer ?
Dans sa présentation, Franck Gens n’aborde pas les difficultés actuelles des grands acteurs informatiques traditionnels : IBM a enregistré un 18ème trimestre de baisse de ses revenus, les rumeurs de cessions de la partie entreprise d’HP demeurent et Oracle, comme d’autres dans le logiciels, s’est lancé dans une course poursuite pour faire partie des grands acteurs du cloud. En revanche, le directeur de la recherche d’IDC explique clairement que d’ici 2020, 67 % des infrastructures informatiques seront dans le cloud. Un cloud qu’il prédit plus sécurisé et qui pourra supporter, selon lui, les 4 technologies de base de la transformation digitale : le cognitif (et l’analytique), l’IoT, les nouvelles interfaces virtuelles et le blockchain. C’est un marché que Franck Gens considère de plus en plus concentré entre les mains de 5 acteurs qui, selon lui, concentreront 75 % du marché en 2020, contre 50 % aujourd’hui. Bien sûr, il ne cite pas les 5 heureux élus qui se partageront cette manne à cette date, mais le message est clair avec une telle organisation de l’offre : les entreprises ne verront pas leur coûts informatiques baisser dans le cadre de cette transformation digitale. Même si Franck Gens insiste sur le fait que 85% des clouds des entreprises seront multi-plateformes beaucoup d’observateurs redoutent que cette situation conduise au maintient à un niveau élevé des coûts informatiques. En revanche, IDC note que, grâce au cloud, 75 % des plus grandes entreprises seront, d’ici 2020, des fournisseurs de services digitaux. Franck Gens ne précise pas si cela donnera naissance à des acteurs concurrents des startups ou à de nouveaux compétiteurs dans les services informatiques.
Sur un plan technologique Franck Gens prédit une rapide émergence des technologies de développement cognitives et analytiques. Au-delà, il voit dans les technologies de réalité augmentée le début de l’émergence de nouvelles interfaces dans les domaines des médias, de la relation client et des réseaux sociaux, dont l’usage devrait rapidement rebondir grâce à ces technologies. Mais, surtout, Franck Gens prédit l’émergence d’une nouvelle phase de développement informatique, liée à l’intégration des technologies informatiques non plus dans les usages mais dans nos fonctions humaines de base. L’homme augmenté, tel qu’il le définit, commencera à devenir une réalité à partir de moitié des années 2020. l’Homo Sapiens semble avoir un successeur si l’on se fie aux analyses du cabinet d’études.
La rédaction de Digital CMO








