Après Google, visé pour des abus de position dominante dans la recherche sur Internet et les OS mobiles, et Apple, pour lequel Bruxelles demande l’Irlande de réclamer pas moins de 13 milliards d’euros, au tour de Facebook de s’attirer les foudres de la Commission européenne. Cette dernière reproche au premier réseau social de la planète de lui avoir transmis des « informations inexactes ou trompeuses » dans le cadre du rachat de WhatsApp.
Lors de l’acquisition de l’application de messagerie pour 22 milliards de dollars, la société de Mark Zuckerberg avait indiqué qu’elle n’était pas capable d’associer « automatiquement et de manière fiable » les comptes d’un même individu abonné aux deux plates-formes. Sauf que, depuis, WhatsApp a modifié ses conditions d’utilisation pour instaurer un partage de données avec Facebook. Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la concurrence, s’estime donc flouée. Facebook a jusqu’au 31 janvier pour répondre aux griefs de Bruxelles. Si le rachat à proprement parler n’est pas menacé, la société américaine risque une amende salée allant jusqu’à 1 % de son chiffre d’affaires annuel. Soit près de 2 Md$ à l’aune de ses résultats 2015.
Bras de fer avec Dublin sur des impôts d’Apple
Depuis sa prise de fonction en novembre 2014, Margrethe Vestager a adopté une ligne dure vis-à-vis des Gafa américains, là où son prédécesseur Joaquin Almunia semblait plus enclin à transiger. Elle a ainsi relancé l’enquête antitrust concernant les pratiques de Google sur le marché des comparateurs de prix en Europe. Celle-ci pourrait aboutir à une amende de 3 milliards d’euros pour la société. La firme de Mountain View pourrait aussi se voir condamnée dans l’autre enquête européenne, concernant ses abus de position dominante avec Android. En octobre, un document tombé entre les mains de Reuters indiquait que Bruxelles « a l’intention de fixer une amende à un niveau qui sera suffisant pour assurer la dissuasion ». Enfin la Commission s’est lancé dans un bras de fer avec un des ses Etats membres, l’Irlande, afin de forcer Apple à lui rembourser 13 milliards que Bruxelles considère comme des avantages fiscaux indus assimilables à des aides d’Etat.
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