Le salon Big Data, qui se déroulait le 7 et 8 mars à la porte Maillot, a réuni selon les organisateurs plus de 10 000 personnes. Des chiffres exacts au regard de l’affluence que nous avons pu constater et notamment du taux de remplissage des salles de conférences grâce, il est vrai, à un programme de qualité. Mais un constat demeure, après 3 ans de vulgarisation sur ce sujet : si on ne peut pas remettre en cause le fait que l’informatique peut désormais traiter plus facilement qu’avant des tas de données, le Big Data a du mal à sortir des grandes salles informatiques, sauf peut être dans le domaine de la visualisation.
6 % seulement des directeurs marketing et communication utilisent le Big Data
Comme le rappelait les organisateurs, le marché du Big Data est lié à la croissance exponentielle du volume des données qui sera multiplié par trente d’ici 2020, selon le cabinet d’études IDC. Des données toujours de plus en plus nombreuses, dont celles dites non structurées, provenant des réseaux sociaux mais aussi des milliards d’objets connectés qui seront utilisés sur la planète. Sur le salon, différentes études mentionnaient que ce marché allait passer de 7 milliards d’objets connectés à 30 milliards à l’horizon 2020. Si à travers les différentes présentations effectuées sur les deux jours du salon par les grands leaders informatiques (IBM, Informatisa, Oracle, SAS ou encore Microsoft), on peut être convaincu que les informaticiens sauront stocker ces volumes de données à des coûts de plus en plus décroissants grâce aux nouvelles technologies de base de données et de stockage dans le cloud. On est moins convaincu par la capacité de cette même industrie informatique à mettre ces données à la portée de tous et notamment des directions générales, marketing ou commerciales. Et preuve de cette difficulté, les organisateurs du salon ont rappelé que seulement 6 % des directeurs marketing et communication utilisaient aujourd’hui le Big Data. Un chiffre très faible même si certains experts présents considéraient que désormais 37 % des décisions et des projets étaient pris au niveau mondial en utilisant des techniques de marketing analytique.
Big Data : le Big Lake ne doit pas être un mirage
Le Big Data n’est donc pas la portée de tous et cela bien que les choses s’améliorent dans le domaine de la visualisation. On pouvait notamment le constater dans les présentations de Tableau Software, Qlik, Vize ou encore Microsoft qui a présenté, sur son offre Cortana Analytics, un projet assez visuel réalisé avec Dartmouth Hichcock, un hôpital qui suit ses patients cardiaques en temps réel. Mais sans l’aide de sociétés de conseil, représentées en nombre sur ce salon, ou encore d’équipe de data scientists, les projets de Big Data restent cantonnés aux secteurs qui disposaient dans le passé d’un savoir-faire dans le traitement de données de masse comme la finance, la santé et le secteur public.
Pour Fabrice Benaut, CEO de iDeatrans, une société de conseil spécialisée dans l’innovation autour de la data, « il est nécessaire de revenir aux anciennes règles en matière de données. L’identification et la qualification des données par les utilisateurs est un pré-requis dans tous les projets significatifs de Big Data ». « C’est vrai que les nouvelles technologies de bases de données permettent de stocker à la volée, mais il faut bien structurer les données si on veut pouvoir les hiérarchiser et les utiliser dans le futur » ajoute-t-il. Un propos partagé par certains intervenants sur le salon, comme Olivier Girard qui, dans son témoignage pour le compte d’Auchan Retail International, expliquait avec beaucoup d’humour que « les concepts actuels de Data Lake pouvaient, sans méthode, devenir très rapidement des mirages ». De quoi décourager bon nombre d’initiatives petites et moyennes qui voyaient dans le Big Data un moyen facile d’améliorer la connaissance des clients et les ventes. Il sera peut être alors nécessaire de créer un salon sur le Small Data.








