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La licorne américaine Palantir, experte du Big Data, propose une application pour tracer la pandémie et permettre ainsi au système de santé de l’anticiper. Des négociations seraient en cours avec plusieurs pays dont la France pour utiliser ce système d’intelligence artificielle prédictif dans la lutte contre le Covid-19.

D’après la société californienne Palantir, les données de santé sont capturées de manière très incohérente et fragmentée. Palantir propose d’en standardiser le recueil via son application web Foundry pour ensuite produire des prédictions de diffusion de l’épidémie du Covid-19.  L’application web de Palantir se compose d’un formulaire de rapport de cas à compléter pour chaque patient par le personnel médical et d’une interface de connexion automatique avec le dossier médical des patients.

Les données de rapport de cas anonymisées sont ensuite envoyées aux autorités de santé en temps réel afin qu’elles puissent selon Palantir « en conservant le contrôle total et la propriété de leurs données […] coordonner la logistique de la chaîne d’approvisionnement pour les équipements critiques […], identifier les populations vulnérables dans les points chauds émergents et atténuer l’impact économique sur les entreprises et les employés ».

La National Heath Service England, l’équivalent de la sécurité sociale en Grande-Bretagne a déjà choisi l’application Foundry de Palantir avec les supports techniques de Microsoft, d’Amazon Web Services (AWS), de Google ainsi que de la société londonienne Faculty spécialiste de l’intelligence artificielle. Selon le média Bloomberg des négociations seraient en cours avec plusieurs pays dont la France avec l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) regroupant 39 hôpitaux en Île-de-France comme potentiel premier client.

Une solution efficace mais aussi controversée

Le choix éventuel de Palantir par les Hôpitaux de Paris (mais aussi, pourquoi pas, par l’ensemble du système de santé français) serait certainement efficace dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19 mais la question des données médicales françaises exploitées par une société américaine soulève des questions d’éthique. En effet, Palantir est soumise à la loi fédérale américaine du Cloud Act et peut être contrainte de communiquer aux autorités américaines les informations stockées sur ses serveurs hébergés aux USA mais aussi à l’étranger. De plus, travaillant pour la CIA ou le FBI, Palantir serait un peu trop proche du Gouvernement américain pour lui confier des données sensibles selon certains.

Reste que Palantir est l’une des sociétés les plus performantes dans le domaine du Big Data et elle compte même la Direction générale de la Sécurité intérieure française (DGSI) parmi ses clients dans le cadre de la lutte antiterroriste. Fondée en 2004, Palantir aurait réalisé près d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2018. Estimée à 20 milliards de dollars lors d’une levée de fonds en 2015, Palantir pourrait atteindre 41 milliards de dollars de valorisation pour son introduction en bourse envisagée à l’horizon 2020 selon le Wall Street Journal.

Mise à jour du 20 avril 2020 :  Comme rapporté par BFM TV le 17 avril 2020, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a reconnu avoir été contactée par Palantir sans toutefois donner suite à ces contacts.





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