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Alors que les investissements en intelligence artificielle explosent outre-atlantique, la France et l’Allemagne ont décidé de s’associer dans le domaine de la maîtrise des données. L’objectif est de favoriser l’interopérabilité des données entre les entreprises et surtout de gagner la bataille du cloud souverain qui, pour l’instant, est mal engagée.

Comme cela est présenté dans le communiqué de presse avec le projet GAIA-X, l’Allemagne et la France poursuivent l’objectif de construire une infrastructure de données fiable et sécurisée pour l’Europe. Ce projet annoncé le 4 juin dernier par Bruno Le Maire va fédérer 22 entreprises (onze allemandes et onze françaises).

Tous les membres de cette nouvelle organisation s’engagent à suivre les principes suivants. D’une part, elle auront à charge de garantir la souveraineté des données et d’autre part leur disponibilité, leur interopérabilité et enfin leur portabilité. La porte à la création d’un cloud souverain semble s’ouvrir afin d’éviter que ces entreprises choisissent de travailler exclusivement avec les fournisseurs de cloud américains.

Cette alliance  oblige donc indirectement ces entreprises à investir dans un cloud souverain alors que cette offre n’existe pas encore en tant que telle. Par ailleurs au niveau des usages cela reste flou. Le communiqué précise que 40 exemples d’applications dans huit domaines (la santé,  les finances, le secteur public, le smart living, l’énergie …) ont été sélectionnés mais là encore il s’agit d’une construction avant tout  technique pour structurer les données.

Gagner la bataille du cloud souverain

Par ailleurs, pour l’instant il n’y pas beaucoup de précisions sur la nature de cloud souverain qui abritera les données de ces 22 entreprises. En France, une initiative similaire avait été menée en matière de cloud souverain il y a moins de dix ans avec la création de Numergy (SFR) et Cloudwatt (Orange) avec l’aide de l’Etat. Les deux sociétés ont été fermées rapidement  après avoir englouties quelques centaines de millions d’euros d’argent public.

Pendant ce temps, Microsoft, Google et AWS continué à déployer leurs infrastructures pour assurer aux entreprises une meilleure localisation de leurs données. Si Google n’a pas confirmé qu’il construirait un cloud en France, Microsoft dispose de quatre  data center dans l’Hexagone. De son coté AWS a annoncé la construction d’un data center  en Italie. Avec la montée en puissance des besoins de sécurité et de protection des données liés aux nouveaux usages du télétravail et du collaboratif, les besoins de cloud souverain vont exploser dans les mois qui viennent.

En favorisant ce marché, les Gouvernements français et allemands espèrent pouvoir structurer une offre européenne. Quelques acteurs de la filière cloud française pourraient en profiter comme OVH ou Outscale. Cela demandera des levées de fonds complémentaires par rapport à des approches initiales trop cloud publics et surtout la création de tout un écosystème autour de ce marché.  Pour l’instant les startups de cet éco système  du cloud ont choisi majoritairement de devenir franco-américaines. C’est le cas de Dataiku après sa levée de fonds avec Google. Cela sera l’autre enjeu de la structuration de ce cloud souverain  franco-allemand dans les mois qui viennent.





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