Fort d’une levée de fonds de 500 millions d’euros en 2025 auprès de fonds américains et d’un revenu récurrent (ARR) estimé à 200 millions d’euros, Brevo (ex- Sendinblue) accélère sur le marché des grands comptes. Objectif : offrir aux CMO et à leurs directions commerciales et marketing une plateforme intuitive, multi-canal intégrée au CRM. Un positionnement en partie frontal face aux acteurs du logiciel tech US dont Salesforce que l’éditeur français revendique. Pour Hélène Draoulec, VP Marketing de Brevo « Le mouvement actuel sur la souveraineté et le besoin de simplicité exprimés par les directions marketing sont deux opportunités à saisir pour Brevo».
DigitalCMO – Sur le marché des grands comptes quels sont les services et la valeur ajoutée de Brevo ?
Hélène Draoulec – Sur le marché des grands comptes nous comptons déjà de nombreuses références comme la RATP, Doctolib H&M, Louis Vuitton, Carrefour ou encore Michelin. Les besoins des CMO et de leurs directions marketing sont en train d’évoluer. Il existe réel besoin de simplification des technologies au service du marketing auquel s’ajoute un désir croissant d’autonomie. Les plateformes historiques de CRM restent complexes et n’offrent pas forcément cette vision 360 degrés et multi-canal dont les marques ont besoin pour améliorer leur marketing. L’intégration des rachats successifs de Brevo nous permet d’offrir ce service qui repose sur trois piliers : l’orchestration des données avec l’intégration WhatsApp et SMS, la gestion des données sur des data plateforme des parcours clients et l’engagement et la fidélisation. Ce dernier levier est devenu clé dans le secteur du retail mais aussi dans de nombreux autres secteurs d’activités.
DigitalCMO – A ces nouveaux besoins pensez-vous que pourrait s’ajouter celui de la souveraineté des données pour ces applications clients et marketing ?
Hélène Draoulec – Je suis convaincue que c’est déjà un critère de choix des entreprises pour tous les usages du marketing. On le constate dans l’évolution des appels d’offre qui intègrent de plus en plus ce critère mais aussi dans les études que nous faisons. Je crois que les marques ont aussi compris que cela devenait un critère de choix d’un service ou d’un produit. Le consommateur final y sera de plus en plus attentif et cherchera des garanties dans ce domaine. Très tôt Brevo a fait des choix souverains d’hébergement avec OVH et nous allons continuer à garantir la souveraineté de nos services.
DigitalCMO – Quels sont les apports de l’IA à vos solutions et les conséquences sur l’évolution de votre modèle d’éditeur ?
Hélène Draoulec – Nous avons une stratégie produit claire mais aussi un engagement stratégique de long terme. Nous avons lancé un Lab IA doté de 50 millions d’euros. Coté produit nous sommes intégrés – via nos connecteurs MCP – aux solutions d’intelligence artificielle génératives et nous avons lancés notre propre agent IA qui est une véritable aide métier dédiée aux marketeurs. Quant à l’impact de l’IA sur notre modèle à plus long terme ? Les réponses sont encore difficiles à donner mais je dirai que le modèle de pricing des tokens reste une question sur laquelle nous travaillons. Et bien sûr nous suivons les évolutions du marché des services SaaS vers une approche non plus liée à l’usage d’un logiciel mais à la facturation d’un service à la résolution.









