Au-delà du marketing et du penchant pour l’esbrouffe de son président exécutif et directeur technique Larry Ellison, Oracle a semble-t-il marqué les esprits cette année par la consistance de ses annonces lors d’Open World, sa grand’messe annuelle, qui s’est tenue la première semaine d’octobre à San Francisco.
Ainsi, dans sa version 18c, annoncée pour décembre, sa base de données transactionnelle devient « autonome ». En clair : toutes les mises à jour, les patchs, les réglages et les contrôles seront désormais automatisés, ce qui devrait se traduire par des réductions de coûts d’exploitation significatifs pour les entreprises clientes. Bien-sûr, cette fonction d’autonomie ne pourra être activée que si la base de données est fournie par Oracle sous la forme d’un service cloud – on parle de data warehouse as a service – ou via son offre Cloud at Customer, qui repose sur des machines déployées et gérées par Oracle dans les datacenters des clients.
Fidèle à son habitude, Larry Ellison n’a pas manqué de désigner l’ennemi et de l’égratigner en assurant que la version 18c reviendrait « moins de la moitié de ce qu’Amazon facture à ses clients ». Une façon d’attirer l’attention du marché sur son offre mais également de montrer la détermination d’Oracle en matière de Cloud.
Selon son PDG, Mark Hurd, 80% des charges de travail de production s’exécuteront dans le Cloud d’ici à 2025 contre seulement 14% aujourd’hui. L’enjeu pour Oracle est donc d’arriver à diriger vers son propre Cloud l’énorme base installée sur site que les clients ne vont pas manquer de migrer en disqualifiant autant que possible les alternatives proposées par Amazon telles que RedShift (data warehouse as a service) ou Aurora (base de données managée).
Autre tendance lourde : l’intelligence artificielle qui commence à irriguer l’ensemble de ses applications Cloud avec notamment l’intégration de fonctionnalités d’apprentissage automatique visant à améliorer la collecte et la gestion des données et à fournir des recommandations pour optimiser les décisions. Oracle a ainsi annoncé une famille d’applications baptisées Adaptative Intelligent Apps qui viendront enrichir ses principales solutions Cloud telles que HCM (gestion des ressources humaines), ERP et SCM (Supply Chain Management). Mais sa suite de gestion de la relation client CX Cloud (Customer Experience), qui inclut notamment son outil de gestion de campagnes marketing et son outil de gestion des ventes, est aussi concerné.
À surveiller enfin : l’annonce d’investissements conséquents dans NetSuite, l’ERP Cloud qu’Oracle a acquis pour 9,3 milliards de dollars l’année dernière – et qui est en cours l’implantation en France – et le lancement d’un service cloud Blockchain destiné à « sécuriser les transactions et la collaboration entre entreprises ».
Julien Corti, Digital CMO








