Présentée il y a quelques mois comme l’une des « licornes » technologiques américaines les plus prometteuses, Palantir a annoncé avoir levé 20 millions de dollars. Une « petite » levée de fonds qui pose des questions après les 800 M€ levés il y a quelques mois, une valorisation stratosphérique de 20 milliards et une entrée en bourse prévue en 2017.
Quel est le modèle technologique de Palantir
La startup américaine jouit dans la Silicon Valley d’un positionnement un peu particulier. Spécialiste du big data sur le plan technologique, son modèle est complexe. La startup américaine cherche en effet à combiner une technologie de pointe dans le recueil des données et des modèles de prévisions lui permettant de fournir des services liés à la cybercriminalité, dans les secteurs de la défense et bancaire. Ses deux principaux produits, Gotham et Metropolis (en référence à la mythologie Marvel) permettent d’analyser des millions de données afin de détecter des problèmes de cybercriminalité mais aussi des risques de criminalité, de crise sociale ou encore de terrorisme. Gotham est ainsi présenté dans l’offre de Palantir comme un modèle plus que comme une application et permettant de transformer des millions de données en objets et relations significativement définis. Avec un objectif principale relier des événements et des connexions sur des personnes, des lieux.
Défense, banque, études : des secteurs non encore convaincus
Vendant ses services aux agences de défense et de renseignement américaines, aux services de police et aux grandes entreprises, notamment du secteur bancaire, la société de Palo Alto est valorisée aux environs de 20 milliards de dollars. Il y a un an, on lui prêtait un chiffre d’affaires dépassant le milliard de dollars. Palantir mise sur l’originalité de ses modèles mathématiques et statistiques combinés à un traitement efficace de millions de données pour devenir un acteur incontournable. Pour l’instant ce n’est pas le cas dans le secteur de la défense. Le mois dernier Palantir a gagné un procès contre l’armée américaine, qui l’avait exclu d’un appel d’offres de plusieurs centaines de millions de dollars pour non conformité. Une juge fédérale de Washington lui a donné raison, estimant que sa proposition correspondait aux besoins des militaires et a obligé l’armée à réintégrer la startup dans l’appel d’offre. Cela illustre les craintes qui pèsent actuellement sur la qualité réelle des services liés aux technologies de big data. Le chemin reste long pour tous les acteurs de cette technologie, dans les nombreux secteurs qui semblaient pourtant avoir un fort besoin de renouvellement de leurs approches. En dépit des errements des instituts de sondage aux Etats-Unis lors des élections présidentielles, on peut noter, par exemple, que les autres méthodologies statistiques liées au big data n’avait pas été plus efficaces pour prévoir les résultats réels. Au delà de ces aspects technologiques on note aussi que le coût de développement et d’exploitation de ces solutions ne cesse de progresser. Le MagIT.fr notait dans une enquête sur les salaires que les Data Scientist étaient aujourd’hui autant payés dans le secteur informatique que les commerciaux. Un frein au développement de ces solutions dans un grand nombre de secteurs d’activités.
La Rédaction, Digital CMO








