Le CIGREF organise ce 20 mai 2016 à Paris, le colloque « Designer l’Entreprise 2020 », qui réunira 300 représentants des entreprises membres de l’association. En amont de l’événement, Pascal Buffard, Président du CIGREF, répond aux questions de Digital CMO.
- Ce colloque a-t-il pour ambition d’impliquer davantage les directions informatiques dans la transformation numérique ?
Pascal Buffard : Je voudrais tout d’abord préciser que le CIGREF n’est pas une association de directeurs informatiques mais la réunion de près de 140 grandes entreprises françaises autour des sujets liés au numérique. Cette précision est importante pour apprécier les enjeux de ce colloque : il s’agit de « designer l’entreprise » et non d’évoquer des aspects techniques. Concrètement, cet événement est l’aboutissement de 8 années de travail du CIGREF sur la transformation numérique. L’association s’est en effet intéressée au sujet dès 2008 et a lancé en 2010 un ambitieux programme international fondé sur 32 projets de recherche et l’implication de 51 laboratoires, à la fois en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. Ce sont les résultats de ces travaux qui seront présentés lors de ce colloque. La principale conclusion est que la transformation numérique n’est pas une option ou une mode : c’est la transformation ou la disparition.
- Quels sont les principaux services des entreprises concernés par cette évolution ?
Pascal Buffard : Tous les services sont concernés, du marketing à la direction administrative et financière ou les DRH, en passant par les achats et les directions des systèmes d’information. En ce qui concerne les interrogations récurrentes sur la place du DSI dans le cadre de cette transformation numérique, l’avis du CIGREF est clair : sa fonction va bien évidemment évoluer, mais le système d’information ne va pas disparaître. Au contraire, il va prendre une importance croissante dans toute l’entreprise. Dans ce contexte, le rôle des DSI doit tendre à davantage d’agilité et à une participation active à la mise en place de nouveaux modèles économiques. Les entreprises doivent prendre de nouveaux risques et accepter de faire des erreurs !
- Faut-il que les grandes entreprises adoptent le comportement des startups ?
Pascal Buffard : La réponse est double. D’une part, les grandes entreprises doivent effectivement travailler différemment, notamment en supprimant les phénomènes de « silos » qui freinent les collaborations entre les services. En cela, leur organisation doit effectivement tendre vers celle des startups. D’autre part, elles doivent s’ouvrir à de nouvelles compétences et apprendre à travailler avec des startups. C’est principalement pour cette raison que la délégation du CIGREF à un événement majeur comme les CES de Las Vegas est de plus en plus importante : nous étions plus de 30 cette année. C’est également pour cela que le CIGREF travaille en partenariat avec la French Tech.
- Le CIGREF est-il lui-même appelé à évoluer ?
Pascal Buffard : Il serait injuste de penser que l’association n’a pas déjà fortement évolué ! Le CIGREF a 46 ans cette année et a été très en avance sur un sujet comme la transformation numérique. Il continue d’évoluer en nouant de nouveaux partenariats et en élargissant son réseau de membres à de nouvelles fonctions. En ce qui concerne le nom « CIGREF », il est devenu au fil des décennies une marque à laquelle il serait dommage de renoncer, même si sa vocation est aujourd’hui bien plus large que la signification de cet acronyme* !
Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO
Pour plus d’informations sur le colloque, cliquer ici.
*Club Informatique des GRandes Entreprises Françaises








