En dépit des difficultés d’Evernote pour s’imposer sur le marché collaboratif notamment face à Microsoft, Slack a séduit par ses innovations les investisseurs et annonce une levée de fonds de 250 millions de dollars avec SoftBank à la manoeuvre.
Slack surfe sur le marché du collaboratif de nouvelle génération sur un rythme de croissance impressionnant. En avril 2016 l’entreprise américaine annonçait 2,7 millions d’utilisateurs actifs par jour. Elle en revendique aujourd’hui quelques 6 millions. Selon le baromètre Okta, Slack est ainsi, de très loin, l’application de messagerie professionnelle collaborative qui enregistre la plus forte croissance sur ces deux dernières années. Alors que son taux de conversion vers des comptes premium posait question à ses débuts, la startup a également su faire taire les septiques puisqu’elle affiche aujourd’hui 2 millions d’abonnés payants, pour des revenus annuels estimés à 200 millions de dollars.
Slack: le collaboratif voulu et utilisé par les métiers
Contrairement à Evernote qui tarde à enregistrer le décollage qu’on lui promettait il y a quelques années, Slack semble avoir les moyens de s’imposer dans toutes les entreprises grâce à une anticipation innovante des usages collaboratifs.
Face à Microsoft qui domine le collaboratif avec Sharepoint et qui a anticipé les évolutions du marché avec Microsoft Teams en l’intégrant à Office 365 Business et Enterprise pour l’imposer dans son approche commerciale, Slack semble pouvoir s’imposer comme une solution adaptée aux nouvelles générations de décideurs métiers et aux exigences des départements informatiques. D’autant que Facebook qui multiplie les références institutionnelles avec Facebook At Work semble avoir encore du mal à convaincre les départements informatiques. Pour Slack c’était donc le bon moment pour professionnaliser son offre et anticiper la concurrence de solutions moins riches sur le plan fonctionnel comme Hipchat ou Stride.
Les fonctionnalités Slack qui disrupte le travail collaboratif
Depuis sa création, Slack s’est distingué de la concurrence en créant des fonctionnalités collaboratives particulièrement bien pensées. Premier élément distinctif, la plateforme est en mode SaaS donc ne nécessite aucune installation d’application sur ordinateur, contrairement à Skype par exemple. Elle a également été très rapidement disponible sur iOS et Android. Surtout, son fonctionnement par « channel « a été une petite révolution pour le travail collaboratif puisqu’il permet de créer une conversation par thématique et c’est bien cela qui a poussé son adoption par les startups et les nouvelles générations de décideurs métiers.
Slack a su aussi innover sur de nombreux nouveaux services : il est désormais possible de partager des fichiers avec une lecture intégrée à la conversation et commentaire du fichier, de rédiger des billets à la manière d’un blog, de partager du code avec Snippets ou de réaliser des appels audios ou vidéos.
Slack est également de plus en plus intégré aux applications tierces (G Suite, Dropbox, Mailchimp, Github) et a même récemment travaillé sa compatibilité avec SAP. On peut même faire appel à ces applications à travers des Bots en mode lecture (par exemple, recevoir des analytics dans une conversation) mais également en mode écriture (envoyer un email depuis Slack, grâce à Mailchimp).
Dans la perspective de séduire les grandes entreprises, la startup a lancé cette année Enterprise Grid : l’offre permet de créer autant d’environnements de travail que nécessaire, de les dupliquer facilement, de partager « les channels » entre groupes de travail et de paramétrer les permissions d’accès selon les hiérarchies ou les BU.








