DigitalCMO

Pour la coprésidente du club innovation de l’Adetem, la situation provoquée par le confinement engendrera des changements profonds de consommation et d’usages mais permettra aux marques les plus réactives d’accélérer leur transformation.

Vincent Biard –Quels changements a engendré cette crise du Covid-19 ?

Stéphanie Chenavier- Il faut s’adapter aux changements importants qui sont survenus sur les contenus éditoriaux et sur les points de contact. Les plus forts changements sont notamment sur le télétravail qui devrait s’amplifier mais aussi sur les migrations vers les grandes métropoles qui vont être remises en question. Cela aura un impact, pour prendre un exemple très concret, sur les plans de communication qui se concentraient sur le temps de transports en commun de 07H30 à 9h30.

Vincent Biard – Que devraient faire les marques ?

Stéphanie Chenavier- Les marques devront redonner du sens à leur communication. Attention aux dérapages d’opportunisme. Certaines marques ont bénéficié d’une image très positive avec notamment Décathlon qui a permis que l’on utilise son masque de plongée pour en faire des masques de protection pour les soignants. Cette démarche est 100% cohérente avec leur ADN d’innovation astucieuse et accessible à tous. Pour les entreprises qui sauront s’adapter avec cohérence, il y aura beaucoup d’opportunités créées par les changements de consommation et d’usages. Par contre, Il y aura un véritable danger pour les marques qui conserveront les stratégies et posture du monde « d’avant ».

Vincent Biard – Quels autres changements pressentez-vous ?

Stéphanie Chenavier- Les canaux de distribution vont être impactés mais il s’agit d’une accélération d’un phénomène concernant le drive, des canaux de distribution directs auprès de producteurs, des canaux de consommateur à consommateur en seconde main. Le marché de la consommation locale devrait s’amplifier aussi.

Vincent Biard – Le désir d’éthique des consommateurs sera –t-il aussi amplifié ?

Stéphanie Chenavier- Beaucoup d’études sont déjà sorties et au-delà des changements de vie quotidienne, je suis interpellée par des changements de fond avec une volonté de retour à l’essentiel. Ainsi, le temps consacré au transport n’a pas été totalement converti en temps de travail mais en temps pour soi et pour sa famille. Ce retour à l’essentiel et la pression sur le pouvoir d’achat crée par le chômage et la crainte d’une crise économique, sont propices à la frugalité.

Vincent Biard – Cette frugalité réduira-t-elle la consommation ?

Stéphanie Chenavier- Les premières études que j’ai vues montrent qu’une grande partie de la population est en mode d’épargne  et les personnes à l’activité économique réduite par cette crise diminueront évidemment leur consommation. Cette crise a toutes les caractéristiques d’une crise avec cette notion de transformation avec par exemple le télétravail qui en deux mois a progressé de dix ans en France. Tous les freins culturels freinant le télétravail ont été balayés. Il y a aussi un grand élan de solidarité qui ressort des études. Je veux rester aussi positive en pensant que ce retour à l’essentiel et le sens du collectif perdureront et seront propices à une innovation frugale.

Site web de l’Adetem : https://www.adetem.org/





Articles récents