IBM annonce qu’il va renouer avec la croissance à partir du premier trimestre 2018, après 5 ans et demi de baisse ininterrompu de son chiffre d’affaires.
IBM a publié mardi ses résultats pour le trimestre clos fin septembre. Bien que le chiffre d’affaires soit en recul de 1% – pour le 22ème trimestre consécutif – à 19,15 milliards de dollars, et que le bénéfice cède 4,5% à 2,7 milliards de dollars, la bourse a salué ces résultats meilleurs que prévu (le consensus attendait 18,6 milliards de revenus et un bénéfice par action inférieur) par une hausse de 5% du cours au lendemain de l’annonce.
Le marché a notamment été rassuré par la déclaration d’IBM selon laquelle le groupe renouerait avec la croissance dès le trimestre prochain après 5 ans et demi de baisse ininterrompue. Autre bonne nouvelle : après un tassement au trimestre dernier, la croissance de ce qu’IBM appelle ses « impératifs stratégiques » – qui recouvrent ses activités cloud, analyse de donnée (dont l’intelligence artificielle), sécurité et mobilité – est repartie à la hausse (+11%) pour s’établir à 8,8 milliards de dollars, soit 46% de son chiffre d’affaires total. Et le chiffre d’affaires “logiciels” de la société a également augmenté pour la première fois après 13 trimestres consécutifs de baisse.
IBM insiste notamment sur l’augmentation de 20% de ses revenus cloud, à 4,1 milliards de dollars. Sur douze mois glissants, IBM revendique ainsi 15,8 milliards de facturations cloud, ce qui en fait potentiellement le troisième acteur cloud mondial derrière Microsoft et – probablement – juste derrière Amazon (qui ne dévoilera ses résultats que dans quelques jours) mais devant Salesforce ou Oracle. Sauf que, dans ces 15,8 milliards d’euros, 7 milliards sont en réalité des solutions d’infrastructures (matériels, logiciels et services) destinées aux clouds privés des clients. Seuls 8,8 milliards sont des solutions « fournies sous forme de services ». Ce qui ramène IBM, au cinquième rang des fournisseurs de services clouds derrière Salesforce et SAP. Mais là encore, la croissance a tendance à fléchir par rapport à 2016 où les revenus du Cloud avaient progressé de 35%.
Dans le domaine des solutions cognitives, la croissance a plutôt tendance à s’accélérer (de 2% en 2016 à 3% sur le trimestre). Mais là encore, cette évolution, positive en apparence, cache un recul de la croissance des offres regroupées dans la catégorie solutions logicielles (on y trouve notamment l’analytique, la sécurité, la business intelligence, l’intelligence artificielle, les objets connectés…), qui recule de 5% à 3%. Difficile toutefois de savoir ce qui cause ce recul car, à lire les communiqués d’IBM, tout est en progression : la sécurité (+49%), la technologie d’IA Watson (une progression « à deux chiffres d’un trimestre à l’autre »), et la business intelligence & data discovery (hausse à trois chiffres).
Julien Corti, Digital CMO








