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Quels seront les grands sujets traités lors de la 5ème édition d’iMedia Brand Summit (désormais One to One Digital Marketing), qui aura lieu du 10 au 12 octobre 2018 à Biarritz ? Les réponses d’Adrien Guerra, Directeur Marketing et Communication de Bandai Namco Entertainment pour la France et le Benelux. 

  • Vous êtes membre du comité éditorial du iMédia Brand Summit 2018 : quels seront les grands thèmes de cette édition ?

Adrien Guerra : Certains étaient attendus comme  – par exemple –  la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les pratiques des services marketing. D’autres seront abordés de façon originale et pragmatique, comme celui de la « multicanalité ». Cela étant, cette édition va permettre d’évoquer des sujets plus rarement traités, comme le développement des échanges audio.

  • Dans un secteur dominé par le discours sur l’automatisation et la data, quelle doit être, selon vous, la place de la créativité dans des fonctions comme la vôtre ?

Adrien Guerra : Elle est absolument essentielle. De son côté, la data doit permettre de « créer » des contenus toujours plus adaptés et engageants pour chaque consommateur. Quant à l’automatisation, elle permet d’adresser, d’industrialiser une communication qui s’approche le plus possible du « one to one ». Sans créativité, la technologie reste, par essence, peu efficace.

  • A quels niveaux du parcours client pensez-vous que l’intelligence artificielle peut apporter le plus de gains ?

Adrien Guerra : L’intelligence artificielle n’est pas une grande nouveauté dans le domaine du marketing. C’est l’usage qui a évolué. Jusqu’à il y a peu, son utilisation était de permettre d’analyser et de comprendre ce que le cerveau humain n’était pas capable de gérer. L’enjeu est désormais d’aller plus loin et d’avoir une meilleure connaissance du client. Par conséquent, les solutions d’intelligence artificielles doivent être utilisées le plus en amont possible, il me semble.

  • Quels-sont pour vous les trois mots clés que devront retenir les CMO pour 2018, sachant qu’ils ont largement le choix, entre « microinfluence », « bienveillance » et « confiance » (dans la « customer experience »), « insights » ou encore « smart data » ( et la liste n’est pas exhaustive) ?

Adrien Guerra : Les années se suivent et se répètent avec leur lot de « buzzwords ». Cela étant dit, je constate comme beaucoup que leur volume est en augmentation constante. L’appétence toujours plus grande des « markéteux » pour les dernières nouveautés amène à se demander si nous nous sommes pris à notre propre jeu ! Par conséquent je, dirais que « garder raison » et « se remettre en question » sont des conseils de plus en plus essentiels pour la bonne conduite d’une stratégie marketing : sommes-nous réellement «customer centric», nos données clients sont volumineuses mais sont-elles réellement utilisées de façon optimale ? Est-ce qu’une DMP ou un chatbot est réellement susceptible de faire croître notre activité ou la notoriété de notre marque ? Bien sûr, il existe bien d’autres questions à se poser : posons-nous les bonnes plutôt que de nous noyer dans un océan de « buzzwords », d’appellations jargonisantes et d’acronymes !

  • Pouvez-vous préciser en quelques mots mots ce que vous attendez d’un évènement comme iMedia Brand Summit ?

Adrien Guerra : J’attends de pouvoir sortir du « quotidien » pour l’améliorer, c’est-à-dire rencontrer des pairs, des partenaires ou des conférenciers qui vont me permettre d’aborder les choses différemment et qui vont m’amener à prendre du recul, cela pour pouvoir améliorer ma stratégie marketing sur le long terme.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Le très prisé événement iMedia Brand Summit devient « One to One Digital Marketing ». La 5ème édition aura lieu du 10 au 12 octobre 2018 à Biarritz.

L’événement iMedia Brand Summit devient « One to One Digital Marketing ». Cette 5ème édition aura une nouvelle fois lieu à Biarritz, du 10 au 12 octobre. Elle réunira environ 400 décideurs du marketing digital de l’Hexagone et ne sera accessible – comme les années précédentes – que sur invitation. Pour la 1ère fois, elle aura lieu durant trois jours (contre deux l’an dernier), afin de permettre d’organiser 2 000 rendez-vous en « one to one » entre les 400 participants et la soixantaine de prestataires retenus.

Les grandes tendances actuelles du marketing digital seront abordées, mais le comité éditorial – composé d’une vingtaine de professionnels reconnus – a précisé la thématique centrale du rendez-vous : « Contenus, outils, business models… Comment la création booste-t-elle l’excellence marketing ? ». Ces sujets seront notamment précisés par deux intervenants prestigieux : Dominique Farrugia (désormais Directeur général adjoint de Studio Canal) et Daisuke Otobe (CMO de Hello Kitty et ex CMO de Shiseido, la plus ancienne marque de cosmétique au monde, avec des marques comme Lancôme, Estée Lauder, Clinique, etc.). De nombreux autres intervenants sont attendus, sachant que les débats des trois journées seront animés par Alice Vachet (ex spécialiste du digital chez Canal+ ou Carrefour et désormais consultante pour plusieurs grands groupes).

Digital CMO a interrogé avant l’été plusieurs représentants du comité éditorial de One to One Digital Marketing, dont Adrien Guerra (Directeur Marketing et Communication de Bandai Namco Entertainment pour la France et le Benelux), Renaud Ménérat (Président de Mobile Marketing Association France), Bruce Hoang (Directeur Digital & Data Communication chez Orange) ou Ghita Taoujni (Directrice Marketing Numérique & Data de France Télévisions).

Pour rappel, l’événement a été créé en 2014 par COMEXPOSIUM, qui organise 177 rendez-vous B2B et B2C dans le monde, ce qui en fait l’un des leaders du secteur.

L’intelligence artificielle n’est pas l’ennemie de la créativité

Un des messages de cette édition est que l’intelligence artificielle n’est pas l’ennemie de la créativité. Au vu des expériences des marques, elle permet au contraire de stimuler l’innovation. Ainsi, dès 2017, New York a ouvert son temple de la réalité virtuelle sur plus de 2 000 m², suivi voici quelques moins par le Museum d’Histoire Naturelle de Paris. Par ailleurs, les nouvelles technologies ont souvent été utilisées par les créateurs, comme l’image de Jean-Paul Goude pour Chanel. Quant à l’intelligence artificielle, elle permet grâce au « deep learning » de créer de toute pièce de nouvelles œuvres : cela a été le cas l’an dernier avec le 8ème opus d’Harry Potter, rédigé via un algorithme d’écriture prédictive, sans oublier la bande annonce du film Morgane, réalisée par la solution d’intelligence artificielle d’IBM Watson, à la demande de la Fox. L’un des derniers exemples en date est celui d’Actimel, qui a investi dans le « precise advertising » avec, à la clé, une progression des ventes de 20%.

Pascal Boiron, Digital CMO

o OnRenseignements

Au printemps dernier, à l’occasion du South by Southwest à Austin, nous vous présentions Azendoo, une des start-ups sélectionnées dans le pavillon France. Cet éditeur bordelais d’un logiciel de gestion de projet vient de lever 1,5 million de dollars et en profite pour recentrer son offre sur le marketing.

Grégory Lefort et Benoit Droulin ont lancé Azendoo en 2012 sur la base d’un constat très simple : les emails sont aussi parasitaires qu’ils sont indispensables à la productivité en entreprise. Ils ont donc développé un outil de gestion de projet en mode SaaS regroupant les fonctions de gestion de tâches, d’organisation, de partage de fichiers, de conversation. Fonctionnant comme un réseau social, le logiciel est très accessible : fil d’actualités, commentaires de tâche, partage de fichiers, etc. Il n’oublie pas non plus de s’appuyer sur 2 axes essentiels à la réussite d’un logiciel de ce type : la connexion avec les principales applications cloud du marché (Dropbox, Drive, Evernote, etc.) et la présence sur mobile grâce à une application dédiée.

Cible commerciale : une offre centrée sur les équipes marketing

En 2013, l’équipe bordelaise avait effectué une première levée de fonds de 1,3 million d’euros. Cela lui a permis de se construire une base d’utilisateurs conséquente (300 000 selon la start-up) avec une bonne répartition à l’international (1/3 en France, 1/3 aux USA, 1/3 à l’international), de recruter une équipe implantée à Bordeaux (13 emplois). Son modèle freemium lui permet de compter quelques 1 200 sociétés clientes et de suivre un excellent rythme de croissance : «Lors des 18 derniers mois, nous avons doublé nos revenus tous les six mois, dont la moitié est réalisée auprès de professionnels du marketing, comme les agences, les annonceurs ou les créatifs», expliquait Grégory Lefort, cofondateur d’Azendoo, dans une interview accordée à Frenchweb.
Fort d’une nouvelle levée de fonds, effectuée auprès d’Arnaud Vinciguerra, Thibault Poutrel et de The Family, Azendoo a pris le parti d’effectuer un pivot important et de prendre le contre-pied des leaders du marché (comme Podio par exemple) : la start-up va désormais spécialiser son logiciel en s’adressant aux équipes marketing, aux agences et directions de groupe. En effectuant ce pivot, qui va nécessiter le développement de nouvelles fonctionnalités, et le recrutement de commerciaux supplémentaires, elle espère atteindre le million d’utilisateurs d’ici fin 2016 !